Twitter, la jungle que l’on mérite

Il est 3h47, je n’arrive pas à dormir, c’est donc le meilleur moment pour écrire quelque chose sur un blog qui n’a pas reçu de mise à jour depuis plus de quatre ans non ?

Autant prévenir d’avance, ce billet est plus une introspection qu’autre chose. Comme, par définition, une introspection est totalement dépendante du sujet, il va falloir du contexte … Beaucoup de contexte x)

Pour ceux qui ne me connaissent pas, je suis Michel Roux, un bricoleur du web qui a pas mal sévit dans le monde de la webradio et qui travaille maintenant dans une très grosse ESN … Puisqu’il fait bien gagner sa croute voyez-vous :/ . Et travailler pour un client est bien différent que de faire du bénévolat avec une bande de potes, techniquement, mais surtout, socialement.

Je suis quelqu’un d’assez impulsif, qui ne mâche pas ses mots, qui va dire les choses telles qu’elles le sont, sans filtres et en face des personnes concernées. C’est assez déroutant dans le monde de l’entreprise, car l’on a toujours tendance à polir son discours afin de ne pas trop se faire remarquer, de peur de vivre un enfer dans sa vie professionnelle. Ce n’est pas mon cas et c’est heureusement reconnu comme une qualité dans ma hiérarchie dû majoritairement à mes talents techniques qui suivent, même si cela est un frein bloquant mon évolution de carrière. Tout ça, c’est un fait, je le sais et j’y travaille au quotidien comme je peux.

Mais du coup, qu’est ce qui m’amène à écrire tout ça, en dehors de la présente l’insomnie ? … Un tweet :

Et surtout, les tweets suivants :

Déjà, avant toute chose et parce que cela touche un sujet sensible pour beaucoup, je ne vais jamais parler du fond (à savoir le fait qu’il n’y ait pas de contenus LGBT+ sur Disney+). Ce qui m’intéresse ici est la forme, la manière dont cela a été écrit et les réactions qui ont suivi.

Parce que voilà, c’est clairement le genre de tweets que j’aurais pu écrire en temps normal. Le premier tweet est écrit sous le feu d’une impulsion certaine, tourné d’une manière un poil cynique juste pour montrer son indignation afin de calmer une brulante frustration. Les tweets suivants sont la réponse typique de l’agresseur agressé qui, au lieu de se remettre en question, remet en question le système qui l’oppresse.

Car oui, le premier tweet est agressif, même s’il n’emploie aucune insulte ni vocabulaire offensif, il l’est par sa forme. Et cela raisonne d’autant plus pour moi que c’est typiquement le genre de petites piques qui m’ont coûté ma place dans le précédent projet sur lequel je travaillais. Sans rentrer dans les détails, j’ai attaqué un prestataire un peu de la même manière, sans insultes ni propos offensants, mais la forme n’a pas été jugée acceptable par le directeur technique côté client et on m’a gentiment demandé d’emprunter l’issue de secours.

Mais le mal est fait et les retombés sont violentes, dans mon cas comme dans le sien. Alors, je suis d’accord sur le fait que Twitter est responsable en partie du manque de modération de sa plateforme et, étant hébergeur de contenus et de services en ligne moi-même, je sais qu’il est très compliqué de gérer le flux d’information qui y transite. Pour autant, je ne pense pas que Twitter soit fautif en ce qui concerne les deux dernières phrases : “Dommage. C’était sympa ici avant.“

Cette formulation de tweet est un peu devenue la norme sur Twitter, préférant dénoncer plutôt que d’interloquer, se moquer plutôt que de proposer, rabaisser plutôt que d’élever. Oui c’est dommage, mais ce n’est pas Twitter qui impose ce style, c’est nous, utilisateurs, qui avons façonné l’image actuelle de Twitter.

Quelles solutions dans tout ça ? Dans le cas qui nous intéresse, bien que le sujet soit brûlant, je pense que le torrent de merde aurait pu être amoindrie en revoyant le tweet. Je pense à quelque chose dans ce style :

Cher @disneyplus, dans le cadre de futures mises à jour, serait-il possible de prévoir une section spécifique pour les contenus LGBT+ ? Cela pourrait être bénéfique pour votre image ainsi que de vous ramener une clientèle supplémentaire sur votre service. Merci 🙂

Cela peut paraitre pompeux (et ça l’ai un peu faut pas déconner), mais c’est un discours qui ne peut plus être attaqué sur la forme. Le tweet est courtois, respecte les 240 caractères maximum du service, se porte en position de conseil et amène quelque chose de positif au destinataire qui est clairement visé ici. Ah, je ne l’ai pas dit avant, mais l’utilisation du mot-croisillon qu’il avait choisi reviens à parler dans le dos des gens. Je suis globalement de moins en moins partisan de ce système un peu bancal que j’utilise maintenant quasi exclusivement pour regrouper mes tweets autour d’un sujet précis, comme #XefAnimes pour mes résumés rapides de mes visionnages d’animés par exemple 😛

Bref, je sais que je ne changerais pas le monde avec ce billet (d’autant plus que je suis le premier concerné par celui-ci lol), mais il m’a fait du bien de l’écrire. Si je devais conclure par une phrase classe (parce qu’il faut toujours conclure avec panache), je dirais :

En communication, l’attaque est rarement la meilleure défense.

Sur ce, il est 5h44 et je vais galérer comme pas possible pour rester productif aujourd’hui x)

Une réflexion au sujet de « Twitter, la jungle que l’on mérite »

  1. Ah oui quand même.

    Effectivement je peut comprendre qu’avec (visiblement) ton expérience avec la boite, tu puisse te reconnaitre dans les tweets cités.

    Après si je puis me permettre d’ajouter un élément. Ce qui est manifestement le soucis des tweet que tu présente (selon moi) c’est aussi le manque de capacité a dialoguer. Certes il y a des réponses bas du front qu’il faut ignorer, mais en lisant les réponses de ce Mr, je comprends surtout qu’il voulais faire un tweet comme il aurais fait un billet de blog. Son objectif est d’exprimer sa frustration mais absolument pas d’interagir et de discuter autour du sujet.

    Du coup la réaction de rejet et de refus de la responsabilité est la seule solution. Et a ce moment la c’est sur que c’était mieux avant … quand les gens étaient toujours d’accord avec toi.

    Le truc c’est que ça peut être assez rare sur internet. Pour avoir essayé de discuter/débattre un peu sur twitter sur quelques sujets clivants, c’est parfois assez insupportable d’avoir l’impression de répondre a une IA qui a juste des réponses pré-enregistrées sans pouvoir débattre ou même proposer une réflexion.

    Bref, je comprends ton point de vue / dégout. Perso je tiens encore. Mais au moins tu remet en question la situation et les roles que chacun a dans ce genre de cas.
    Et ça, c’est tout a ton honneur 😉

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